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 Contexte historique [Hunter XVIe siècle]

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Muda
Nerf Ambulant
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MessageSujet: Contexte historique [Hunter XVIe siècle]   Mer 20 Juil - 1:47

L'Espagne des Habsbourg :

L'inquisition est officiellement lancée en Espagne en 1481. Sous Charles Quint, elle bat son plein. Les campagnes étaient très affectées par la chasse aux sorcières, la torture et les tribunaux secrets. Les principales victimes étaient les Juifs, les Maures et les protestants, sans compter que l'on doutait assez facilement de la bonne foi catholique d'un individu (lire des ouvrages importés pouvait suffire à s'attiser des suspicions). Le sujet du roi « Très Catholique » (ainsi était appelé le roi d'Espagne, le roi de France étant pour sa part le roi « Très Chrétien ») devait faire preuve d'une adhésion indéfectible au catholicisme. Cela ne se comprend que dans l'esprit de l'assiégé. En effet, la Reconquista s'achève en 1492 avec la prise de Grenade ; le dernier souverain musulman est alors chassé de la péninsule ibérique. Sitôt, l'Espagne se retrouve comme assiégée par les ennemis islamiques au sud et à l'est, et en Europe du Nord, par les nouveaux adversaires protestants. La réponse à cette situation géopolitique s'est caractérisée par le fanatisme chrétien et le catholicisme intégriste. Il fallait étouffer dans l’œuf les mouvements susceptibles de menacer l'unité du royaume. Les peurs réelles ou imaginaires des Espagnols étaient les suivantes : par leur puissance économique et leur influence commerciale, les Juifs pouvaient exploiter et dominer la paysannerie catholique ; les fanatiques protestants pouvaient battre la campagne espagnole, sapant les Églises locales et les domaines du pape ; les Maures et les Ottomans pouvaient comploter de ramener l'Espagne dans le bercail islamique. Dans leur esprit, seules l'Inquisition et la Reconquista avaient permis de sauver l'Espagne, ce qui devait justifier le maintien de ces pratiques et même leur accentuation au XVIe siècle. Ainsi se fermaient-ils généralement au savoir européen ou aux recherches de plus en plus profanes.


À noter que pour la période qui nous intéresse, l'Espagne appartient à un ensemble territorial bien plus vaste : le Saint-Empire romain germanique. Philippe II règne sur cet empire éparse à la mort de son père Charles Quint en 1556. Si le cœur de Charles Quint se trouvait aux Pays-Bas, celui de Philippe II se retrouve en Espagne, où il centralise son pouvoir. Vos personnages vivent dans le contexte des guerres d'Italie, qui ne sera pas encore terminée au moment où débutera la partie. Philippe II et Henri II (le roi de France) reprennent alors la lutte de leurs prédécesseurs pour la domination de l'Italie. La guerre se passe donc en des terres étrangères. Réputée invincible, notamment grâce à ses tercios, l'armée espagnole y est crainte.

Si l'Espagne est d'une grande richesse, cette dernière tient pour le quart des importations en or et argent du Nouveau Monde, la structure économique en elle-même se révélant médiocre en comparaison avec la France, qui génère approximativement les mêmes recettes grâce à sa fiscalité. L'agriculture, en particulier, était sur le déclin. L'expulsion des Juifs et des Morisques avait décimé l'économie des campagnes espagnoles, qui de surcroît perdaient des centaines de milliers de ses citoyens les plus énergiques sous l'effet des émigrations successives vers l'Amérique. De fait, pendant que la couronne Espagnole s'engorgeait des richesses du Nouveau Monde, ses structures économiques prenaient du retard sur celles des royaumes voisins ; l'exploitation minière et la fabrication de produits de luxe ne se substituant pas à la grande production manufacturière et à l'agriculture tournée vers le marché.

De toute évidence, le Nouveau Monde enthousiasme nombre d'Espagnols et laisse libre cours aux fantasmes (ces derniers sont amplifiés avec l'innovation du livre imprimé, qui accentue la diffusion des poèmes, des balades et des romans fantastiques grouillant d'Amazones, de monstres marins, de fontaines de jouvence et de légendaires Eldorados). En effet, dans une société où il n'est guère possible de s'élever socialement autrement qu'en s'accaparant des richesses, le cas des expéditions vers le Nouveau Monde est édifiant. Ainsi se rendait-on vers cette destination soit pour la promotion sociale que permettaient les richesses amassées, soit pour les terres à conquérir sur place, soit encore pour cet idéalisme où il s'agissait de convertir au christianisme des milliers d'indigènes. L'or était synonyme de pouvoir, d'argent, et de rang. Ce métal précieux constituait quelque chose d'abstrait et de lointain plutôt qu'un plaisir immédiat et concret, d'autant plus qu'il permettait de racheter une insubordination, quand ce n'était pas simplement une mauvaise réputation.
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Muda
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MessageSujet: Re: Contexte historique [Hunter XVIe siècle]   Jeu 21 Juil - 0:40

Autour du protestantisme :

Depuis le XVe siècle, nombreux sont les contemporains à estimer l’Église gangrenée de mille maux. Parmi eux : l'absentéisme notable chez les titulaires de diocèse, plusieurs curés ne vivant pas parmi leurs ouailles ; l'absentéisme d'une certaine part des évêques, seuls habilités à régulariser ces premières situations problématiques ; le service divin assuré en ces cas par des prêtres remplaçants aux capacités aléatoires ; le cumul des bénéfices de la part de nombreux prêtres titulaires. Bref, de la matière à la critique, il y en a. Pourtant, on ne saurait dire si la situation se dégrade vraiment, peut-être même s'améliore-t-elle. Ce qu'il faut retenir, c'est que les tares de l’Église sont de mieux en mieux connues et de plus en plus dénoncées. Cela traduit une attente plus forte à l'adresse de l'ordre religieux.

Les réformateurs (les humanistes en sont le fer de lance) participent à la mise en lumière de ces défauts, alors perçus comme des abus. L'élévation des exigences crée l'insuffisance, bien que la majorité des paroissiens soit satisfaite de leur prêtre. Il est en tout cas impossible de nier l'audibilité croissante d'un discours anticlérical. Des reproches découlent du manque d'activité pastorale de clercs inutiles, qui doivent remplir leur rôle. Mais certains, tout au contraire, sont dénoncés pour leur activisme jugé pervers et leur prosélytisme excessif. À noter un public manifeste que trouve ce discours, une partie de la population – dans les villes en particulier –, ressentant effectivement une insatisfaction spirituelle. Il n'empêche, ce manque – difficile à mesurer – ne doit bien concerner qu'une petite minorité. Beaucoup plus nombreux en revanche sont les laïcs qui dénoncent les excès du clergé sur le plan matériel : dîmes levées pour des absentéistes, patrimoine géré avec une rapacité bien peu évangélique, Mendiants quêteurs trop insistants et culpabilisants, … L'anticléricalisme est alors une forme de résistance face à ce que les populations locales considèrent pour leur part comme les véritables « abus ».

L'irritation est accrue par le fait que le clergé s'abrite souvent derrière sa condition cléricale pour préserver ses acquis en tous domaines. À ce titre, les accusations d'hérésie – invoquées plus ou moins directement – peuvent être un bon parapluie pour se prémunir de certaines accusations jugées indécentes. Sans compter que l'excommunication peut servir à protéger les intérêts matériels de l’Église. Dans les villes, les clercs multiplient, au nom de leurs exemptions, les refus de contribuer à l'effort de défense et plus largement de solidarité fiscale, quand bien même ils auraient les moyens de le faire. Les motifs à la colère sont limpides : alors même que les laïcs font par leurs dons la preuve de leur générosité, l'égoïsme des clercs les éloigne, d'une certaine façon, de la communauté, et suscite moqueries, injures, sinon voies de fait. Au final, tous ces reproches font émerger la nécessité de réformer l'institution ecclésiale.

Parmi les solution proposées, la plus notable est un retour à l’Écriture. De fait, la réforme de l’Église doit impliquer un essor de la critique, de façon à exhumer la vérité oubliée, effacée, des premiers temps. Néanmoins, cette solution suppose de trouver un réformateur légitime. En fin de compte, les débats se montrent peu fructueux, de sorte à attiser les tensions. C'est dans ce contexte que la Réforme de Luther fait son apparition. Cette dernière, via l'élément novateur de la justification par la foi, ébranle jusqu'aux fondements la religion des œuvres et les dévotions qui s'y rattachent. Elle déplace aussi la question du Salut, qui ne dépend plus au premier chef d'une « réforme » ravalée au rang de simple question d'organisation. Ce changement de perspective remet fortement en cause le rôle du clergé. L'imprimerie ainsi que le bouche à oreille des intellectuels contribuent grandement à la diffusion de ces thèses. Une autre césure se produira dans les années 1530 avec l'émergence du calvinisme.


En outre, si les tensions sont vives, jusqu'aux années 1560, la tendance générale sera aux discussions et autres débats théologiques, où aucun parti ne parviendra à s'entendre. La tentative la plus marquante de discussion n'est autre que le concile de Trente, amorcé en 1545. Cependant, ce dernier se passe dans des conditions difficiles, et se morcelle en sessions éparses devant bien durer 18 ans. Là où commencera notre partie, le concile de Trente apparaîtra inachevé. Les protestants auront rejeté le concile au motif que ses adversaires avaient pour objectif évident de les convaincre de leur hérésie. Quand bien même, malgré une réception mitigée des deux partis, Philippe II va exiger sa reprise et son prompt achèvement dans les années 1550. Aussi demeure-t-il de vraies attentes à ce niveau, d'autant que de réels progrès d'ordre structurel en ont déjà découlé, de sorte à atténuer les critiques d'abus à leur adresse. Pie IV, le pape d'alors, se montre plus modéré et diplomate que son prédécesseur. Il stabilise la situation politique de Rome par l'outil judiciaire, évinçant ses ennemis. Il travaille avec les princes de son temps à relancer le concile de Trente pour une issue que chacun espère favorable.
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Muda
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MessageSujet: Re: Contexte historique [Hunter XVIe siècle]   Dim 25 Sep - 19:00

L'inquisition espagnole et épiscopale :

L'inquisition espagnole – alias le Tribunal du Saint-Office de l'Inquisition – est instaurée en 1478 par le pape à la demande des Rois catholiques. Elle est dite « indépendante », mais si elle n'a en effet aucun compte à rendre au pape, elle demeure en pratique un outil de la monarchie espagnole. L'apogée de la violence inquisitoriale se passe de 1480 à 1500, Torquemada inscrivant son nom dans la mémoire espagnole comme le plus fervant serviteur et promoteur de l'inquisition. Le caractère expéditif de la procédure y aura été telle qu'un mouvement de protestation va se développer par la suite et modérer cette machine répressive. L'extrême virulence pendant ces deux décennies sera parvenue à obtenir l'expulsion des Juifs d'Espagne en 1492, les musulmans étant quant à eux sommés de se convertir ou de s'exiler à leur tour. À ce titre, une structure de surveillance systématique et de délation généralisée tiendra lieu à l'encontre des convertis, mais aussi de leurs descendants, créant un climat de suspicion.

La violence inquisitoriale reprendra de sa vigueur passée dès les années 1547 à l'encontre les foyers luthériens, sous l'instigation de Fernando de Valdés y Salas. Durant cette période, on commence à voir délivrés des « limpiezas de sangre » (« certificats de propreté du sang ») à ceux qui n'auraient pas d'ancêtre juif ou musulman. Ces derniers sont nécessaires pour l'accès à l'armée, aux charges du Saint Office et pour l'entrée aux universités ; sans compter les familles les réclamant la veille des mariages. Les procédures de l'Inquisition sont obscures à la population, si bien que les individus seront nombreux à collaborer dans l'optique de s'en préserver, aboutissant à l'extrémité des « Amis de l'inquisition » que l'on retrouvera à parader notamment à l'issue des autodafés.


La méthode de la chasse à l'hérésie tient à l'accusation, à la dénonciation ainsi qu'à l'inquisition. L'accusation est la moins usitée, en cela qu'elle est la moins pratique. En effet, un accusateur s'expose à la loi de Talion pour un résultat souvent mince. L'usage d'un représentant de l'accusé – appelé « procureur fiscal » – peut contourner le risque des représailles, mais un inquisiteur évitera toujours autant que faire se peut de recourir à cette méthode, dissuadant autant que possible lesdits accusateurs. La dénonciation est à ce titre plus commode en cela qu'elle s'attache à des faits permettant d'accumuler des charges contre le suspect.

La méthode de l'inquisition en revanche en appelle à une démarche active de l'institution, là où les deux précédentes sont passives. Elle peut recourir à des témoins d'une rumeur donnée sur un potentiel hérétique pour établir un procès. L'organe inquisitorial peut également recourir à deux prêtres et deux laïques dans un diocèse pour procéder à des fouilles chez les habitants dans l'optique de trouver des preuves matérielles. L'obtention des avoeux chez les coupables est malconnue, au contraire de la finalité de ces procès ; limpide. En effet, le Saint Office n'hésite pas à dissuader les potentiels hérétiques via les exemples, l'horreur des châtiments et la violence des humiliations n'étant plus à démontrer.

Le pape dispose également de son organe inquisitorial, appelé la congrégation cardinalice du Saint-Office de l'Inquisition, ou Inquisition romaine ; fondée en 1542. Presque tous les Etats italiens – qui ne sont alors que des cités indépendantes – sont sous sa juridiction ; Lucques, Naples, la Sardaigne et la Sicile font exception. Elle incarne de fait la seule forme de pouvoir centralisée de la péninsule. La nomination des inquisiteurs locaux lui revient totalement, affermissant un peu plus son emprise sur ce vaste territoire fracturé. Si elle vise d'abord à garantir l'orthodoxie catholique jusque la tenue du concile de Trente, elle s'attachera ensuite à chasser le protestantisme de manière active, sans arriver encore aux procès contre les comportements déviants comme on peut déjà en trouver chez leurs confrères espagnols. Le pape à la tête de cette inquisition épiscopale est à présent Paul IV, élu en 1555 ; très actif dans la répression des hérétiques.
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